accueil

 La Culture du chanvre

 

 

 

 

 

retour journal recettes-dépenses

retour sommaire histoire

les lieux-dits

suite

 

Poursuivant la lecture du livre de comptes de Joseph Anne Georges de LENFERNA ("J.A.G.L."), châtelain du lieu, nous avons tenté de décrire une culture qui se pratiquait couramment à la même époque, celle du chanvre.

Les chènevières se trouvaient près du village et étaient l'objet de soins particuliers. Il fallait un sol frais et profond, engraissé par le meilleur fumier de ferme. (en 1950, on appelait encore "chènevières" les parcelles du "Pré du Mitan", tout près des maisons de Montillot).

On semait fin avril, début mai. ..."Le 2 May (1812) Claude Savart (le métayer) a semé la chènevière du Verger du Salon et mené 3 voitures de fumier, dont une de poule, dans l'autre du Puits Martin" (au total 37 perches, soit 18,5 ares au total).

Cette culture ayant pratiquement disparu de nos campagnes à la fin du 19ème siècle, quelques autres documents nous ont permis de faire connaissance avec  cette plante, dite à l'époque, "industrielle", puisqu'à la base d'une réelle industrie textile : 175 000 hectares étaient cultivés en France en 1830, ...3300 seulement en 1945.

C'est une plante "dioïque", c'est-à-dire que des fleurs mâles et des fleurs femelles apparaissent sur des pieds distincts. Les pieds mâles arrivent plus tôt à maturité, sont plus grêles, avec des fleurs jaune pâle, rassemblées au sommet en grappes, et peuvent atteindre 2 mètres. Ils sont coupés au début d'août, - en prenant soin de ne pas endommager les pieds femelles -, et ne donnent pas de fruits. On tire la "filasse" de leurs tiges.

Les pieds femelles, portant leurs grains en épis à l'aisselle des feuilles, sont arrachés au moins 3 semaines plus tard, et fournissent le "chènevis" dont on tirait de l'huile pour les lampes (et pour la cuisine en période de disette...!).

 "Le 8 Aoust 1808,...on a cueilli les chènevières; ...il y a 254 poignées de chanvre dans ma chènevière et 57 poignées pour ma moitié dans celle du métayer"...

(Les tableaux des récoltes, établis en fin d'année par J.A.G.L., indiquent pour 1808, 900 poignées au total; pour 1809 et 1810 à égalité, 1200 poignées; pour 1811, 1350 et pour 1812, 967 poignées.)

"Le 14 Septembre, on a commencé d'arracher la chènevière"...Il s'agit bien des pieds femelles, puisque le 18 septembre, "on a battu la chènevière le soir; il y a 2 bichets de chènevis"..., et le 21, "on a éballé le chènevis, il y en a eu une quarte"...De même, le 9 Août 1810, "on a cueilli notre chènevière, il y en a de femelle 330 vergeons"...

Quant au chanvre mâle...

www.000webhost.com