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Les noms de lieux à Montillot 1

 

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Reprenons à Pierre Haasé, dans sa monographie « Sur les Chemins du terroir ; noms de lieux à Asquins ; Esquisse d’une recherche de microtoponymie  (2001)», cette introduction.

"A l’horizon de 2006, toutes les parcelles du territoire français, après révision du cadastre en collaboration entre l’institut géographique national et la direction générale des impôts, seront numérisées et détaillées sur ordinateur au mètre près, voire à 0,30m en zone urbaine dense. Cette modernisation des 500000 documents écrits actuels vise à préciser l’assiette des impôts locaux, taxe d’habitation et taxe foncière. Les cadastres actuels, dont la première mouture date de 1819, et qui ont été régulièrement révisés et retracés, sont les héritiers des arpentages et des terriers d’ancien régime, voire des cartulaires plus anciens encore : 1463, 1576, 1632, 1692, 1758, 1788, chaque fois plus précis. Pourtant, chaque révision, chaque retranscription, en précisant des limites de propriété à des fins ouvertement fiscales menace paradoxalement un patrimoine fragile, celui de la toponymie (étude des noms de lieux) et surtout de la microtoponymie, ces noms d’usage qui souvent même ne figurent pas sur les cadastres. Les remembrements, en uniformisant des pans entiers de la propriété et donc du paysage, aggravent cette disparition. L’abandon des patois, la mutation des populations où les ruraux ont de moins en moins de part, font le reste. En un temps où la notion de patrimoine bâti, puis celle de patrimoine naturel, ont fait leur chemin et sont désormais admises de tous, la notion de patrimoine toponymique reste à ancrer dans les mentalités.

Cette intégration est d’autant plus difficile que, si les études du bâti et du patrimoine naturel, faune et flore, relèvent de sciences exactes, il n’en est pas de même pour la toponymie ; science hautement conjecturale, faite d’hypothèses plus que de certitudes, de reconstitutions souvent hasardeuses, cherchant des appuis non en elle-même (l’évolution linguistique est trop soumise à la phonétique de patois qui font varier les prononciations d’un même terme d’un village à l’autre), mais dans l’histoire, la géographie, la géologie. Un toponyme révèle un paysage disparu parfois sans rapport avec les cultures actuelles. Pire, un même lieu peut avoir connu en dix siècles trois ou quatre états du paysage agricole, alternant forêts, friches, cultures, vignes, au gré des cultures dominantes.

Ajoutons que les arpenteurs et géomètres, scientifiques férus de géométrie plus que d’histoire ou de linguistique, en dépit de leur dévouement à aller nicher des bornes dans les climats les plus reculés, ont largement contribué à déformer et rendre méconnaissable bien des toponymes parmi ceux qu’ils n’ont pas délibérément rayé des cartes. Prenons pour exemple la croix de Montjoie, en limite de Tharoiseau et de Saint-Père, que les arpenteurs de la fin du XVIIIe siècle s’obstinent à dénommer Croix Mangeoire, en parfaite méconnaissance de son origine, de l’esprit du pèlerinage compostellan et magdalénien, et cherchant sans doute à rapporter une information orale mal saisie à un terme rural.

Pour clore cette introduction, écoutons ce qu ‘en dit le Professeur Gérard Taverdet, de l’université de Dijon et auteur de l’Atlas linguistique de Bourgogne au CNRS : «  Il faut admettre dès le départ qu’une telle étude a des limites : les noms de lieux ne forment pas un système cohérent dont les parties évidentes pourraient éclairer les parties obscures… Parfois on est réduit à de simples hypothèses qui sont loin de faire l’unanimité des spécialistes. On est tributaire de formes anciennes qui, parfois, sont bien connues, qui, le plus souvent, sont absentes, mal connues ou même contradictoires (« introduction aux noms de lieux dans l’Yonne », CRDP, Dijon, 1983)."

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