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Montillot…et ses environs,

de l’An 1500 à l’An 1800…

André Buet, mars 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

aller à "Les Savelli de Rome et de Puisaye"

 

 

 

 

 

 

 

 

aller à Joseph-Anne Georges de Lenfernat, bourgeois 

 

 

 

 

 

 

 

 

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aller à JAGL, maire de Montillot

 

 

 

 

 

 

 

 

retour sommaire histoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 « Après une longue période de guerres, de luttes intestines, de peste et de famine, la fin du 15ème siècle et le début du 16ème se présentent pour le royaume de France comme un retour à une ère de prospérité »(cf B.PUJO)

La riche Italie attire les convoitises ; sous le prétexte de reconquérir d’anciennes possessions, nos rois successifs Charles VIII, Louis XII et François 1er, franchissent les Alpes avec leurs chevaliers, atteignant Florence, Rome et Naples. Mais leurs victoires sont sans lendemain, en face de la puissance grandissante de Charles Quint et de son « Saint Empire Romain Germanique ». François 1er est fait prisonnier à Pavie en 1525 ; il est libéré par le traité De Madrid en janvier 1526.

 

En 1521, allant de Sancerre à Avallon, François 1er avait fait étape à Vézelay. L’abbé Dieudonné de Beduer sollicita auprès de lui la sécularisation de l’abbaye, l’affluence des fidèles étant de plus en plus incompatible avec la solitude permettant le respect des règles monastiques. Ce n’est qu’en 1537 que le pape Paul III accéda à cette demande présentée par le roi de France. La Madeleine devint une collégiale avec 12 chanoines et un abbé séculier.

 

Monteluot et ses fortifications (cf « Les fortifications de Montillot accordées par François 1er »).

 

Des places fortifiées existent depuis longtemps dans les vallées : autour de Vézelay et de sa position dominante, Pierre-Perthuis, Saint-Moré, Chatel-Censoir…

Mais même les villages « de l’intérieur » étaient perturbés :

-       Les guerres entre le roi de France et le duc de Bourgogne ont fait de l’Avallonnais, aire frontalière, une zone de combats.

-       Les multiples trêves libéraient des combattants qui, désoeuvrés et sans ressources, se répandaient dans les campagnes.

-       Des famines dues aux mauvaises récoltes jetaient sur les routes des milliers d’indigents, volant ou diffusant des maladies.

-       Pour éviter la contagion dans les périodes d’épidémie – surtout de la peste …- on exilait les malades à l’extérieur des bourgs…

La plupart des villages de la région ont donc obtenu du roi, entre 1520 et 1550, des « lettres patentes » les autorisant à se protéger par de hauts murs et des portes fortifiées : Tharoiseau, Asquins, Voutenay, Précy-le-Sec, Pontaubert…

C’est en juin 1527 que les « habitans et manans » de Monteluot adressent leur supplique au roi François 1er. Celui-ci demande une enquête au bailli d’Auxerre et l’accord final est donné en octobre…Murailles, tours, fossés, canonnières, ponts-levis, barbacanes…sont autorisés.

Mais ces constructions devaient être faites sans subventions, au frais des villageois. En examinant les vestiges actuels, on ne peut donc s’étonner de la modestie de la solution retenue : un simple mur, - dont le tracé a imposé le dessin du village jusqu’au 19ème siècle -,avec des portes, aujourd’hui disparues, permettant le contrôle des entrées et sorties…

Les guerres de religion dans l’Avallonnais.

Au cours de la 2ème moitié du 16ème siècle, Vézelay « redevint une place forte, un lieu de violence et de haine ».

Le moine Luther, initiateur d’une « religion épurée », avait été excommunié en 1520. Ses idées avaient été reprises et développées par Calvin, qui s’était installé à Genève comme « pasteur de l’Eglise protestante ». En 1536. Il y fut rejoint par des disciples, dont Théodore de Bèze, originaire de Vézelay.

« Le protestantisme s’est implanté très tôt dans les vallées de l’Yonne et de la Cure, dans l’Auxerrois et le Morvan »(B.PUJO)…et les persécutions commencèrent (cf E.PETIT) :

En 1538, un médecin et sa femme « accusés d’hérésie et de secte luthérienne », sont brûlés à Auxerre, place de le Fénerie.

En 1542, un gibet est dressé à demeure à Vermenton.

Quelques années plus tard, le château de Girolles fut pris par une troupe d’environ  300 protestants qui rançonnèrent les habitants de la région.

Des églises réformées s’installent, en 1547 à Corbigny, en 1555 à Vézelay.

 

En 1560, la collégiale de Vézelay échoit à Odet de Coligny, cardinal de Châtillon ; en 1561, après avoir assisté au colloque de Poissy, - où Catherine de Médicis réunit en vain des responsables catholiques et protestants -, il se convertit à la religion protestante, est excommunié en 1563 et rallie l’armée huguenotte.

En mars 1569, une troupe de 12000 protestants s’emparent de Vézelay, puis, pillant et rançonnant les environs, prennent « Mailly-le-Château, Mailly-la-Ville et quelques forteresses de la Puisaye mais échouent devant Joux-la-Ville ».

A Asquins, ils massacrent le curé, ainsi que « des religieux franciscains et des catholiques réfugiés dans l’église ».

Après la paix de St Germain (8/8/1570), la garnison protestante de Vézelay rejoint La Charité, place forte accordée aux protestants par Charles IX.

Le 24 août 1572, St Barthélemy, à Paris, massacre de chefs protestants et de leurs partisans, plus de 3000 victimes.

La France se divise, entre des « ultra-catholiques » qui créent la « Sainte-Ligue » autour du Duc Henri de Guise, et le parti protestant, dirigé par Henri de Bourbon, roi de Navarre, - futur Henri IV .

Vézelay, avec comme abbé Louis de Guise, et en 1585 Joachim de Rochefort comme gouverneur, devient un bastion de la Ligue.

« En 1587, des Suisses et des Allemands, alliés des Protestants, traversent la Bourgogne et rançonnent Tonnerre, Mailly-la-Ville et Vermenton » (cf PUJO).

Le duc de Guise est assassiné en décembre 1588.

 

Une bataille près de Montillot  (cf PETIT et BAUDOUIN) : Au printemps 1589, un officier ligueur, François de Beaujeu, sieur de Jaulges, part d’Auxerre avec des troupes – infanterie, cuirassiers à cheval, arquebusiers et 2 pièces de canon -, et pour mission de conquérir les petites places de l’Auxerrois et de l’Avallonnais. Visant d’abord Mailly-la-Ville, il pille Migé et Chastenay. François de Rivière, seigneur de Champlemy, lieutenant général pour le roi en Nivernais, avait mis une cinquantaine de soldats pour défendre Mailly-la-Ville.

Joachim de Rochefort, gouverneur ligueur de  Vézelay, venu par le Sud vers Mailly, fut rejoint par les ligueurs d’Avallon, et « un engagement meurtrier eut lieu près de Montillot contre les troupes royalistes de Champlemy » (16 juillet 1589). La petite garnison de Mailly-la-Ville se rendit sans combat. Ensuite les Ligueurs incendièrent le village d’Annay-la-Côte et massacrèrent les habitants. L’approche de troupes royalistes les obligea à renoncer à attaquer Girolles et à se replier sur Auxerre.

 Le 1er août 1589 Henri III est assassiné par le moine Jacques Clément. Le 11 août, le duc de Nevers attaque le bourg fortifié d’Asquins, qui fut « livré au pillage et la garnison passée au fil de l’épée » (cf CHALLE). L’attaque de Vézelay est suspendue.

En 1590, Edme de Rochefort succède à son père et reste attaché à la Ligue jusqu’en 1593 et la conversion d’Henri IV ; les garnisons de Vézelay et Mailly-le Château se soumettent. Les habitants d’Avallon s’entêtèrent plus longtemps et ne cédèrent que le 31 mai 1594, par l’entremise d’Edme de Rochefort qui, après avoir franchi la Porte Auxerroise, fut « reçu par Sébastien FILZJEAN, le plus ancien avocat de la ville » (cf E.PETIT).

Mais le pays reste peu sûr ; plusieurs « capitaines » travaillent pour leur compte, pillant les villages…

Finalement, les royalistes reprennent en 1595 Epoisses, Montréal, Thizy, Girolles, Noyers, Arcy, Tharoiseau, Mailly-la-Ville, Châtel-Censoir…

Les guerres de la Ligue se terminent…mais en 1596 «  la peste sévissait avec une grande recrudescence à Avallon »… « les habitants se retirèrent dans les pays voisins » (cf E.PETIT), comme en 1588. ( d’autres épidémies ont été signalées en 1577, 1583 et 1586).

 

Après l’Edit de Nantes (13/4/1598), « la paix revient dans les campagnes » (cf PUJO) , et ensuite « les importants évènements qui se sont déroulés dans le royaume au cours du premier tiers du 17ème siècle n’ont guère eu d’écho sur la colline de Vézelay : l’assassinat d’Henri IV (1610),la régence de Marie de Médicis, la prise de pouvoir du jeune Louis XIII »…(cf B.PUJO). 

 

Les documents administratifs

 Le 16ème siècle est marqué par le perfectionnement des organes de gouvernement, qui « donnent aux rois les moyens d’exercer leur autorité absolue »(cf Hist. Louis Girard).

Des lois organisent l’armée, les finances, la justice.

En 1539, par l’Ordonnance de Villers-Cotterets, François 1er prend 2 mesures importantes : il crée un « état-civil » en prescrivant aux curés d’enregistrer les baptêmes et les enterrements. Et il favorise l’unité linguistique du royaume en ordonnant l’emploi du français à la place du latin dans les actes judiciaires.

Tout cela s’ajoutant à l’expansion de l’imprimerie depuis le siècle précédent, bouleverse les conditions de transmission du savoir et élargit les publics.

Les actes administratifs  en particulier  se traduisent par des documents écrits, paraphés par des responsables, et archivés.

Plusieurs siècles plus tard, il nous est donc possible de  retrouver dans les rayons de nos « Archives départementales » - et, plus récemment, sur Internet - des actes de naissances, de mariages et d’inhumation, des contrats d’achat et de vente de propriétés….qui permettent de reconstituer la vie des familles de nos villages.

 

Enfin des nouvelles de Montilliot…ou Monteluot

En examinant systématiquement les Archives de l’Yonne, on a pu trouver et déchiffrer des documents de cette époque, relatant des évènements concernant des habitants de notre village.

 

La famille SAVELLY (SAVELLI)

Le 9 mars 1562, a été baptisée à Toucy, Edmée, fille d’Horace de SAVELLI. Celui-ci venait d’Italie, dont il s’était échappé après un duel ; il s’est remarié en 1590 avec Charlotte de Montbeton, de Champeaux, près de Toucy. Il a fait l’objet d’une « lettre de naturalité » du roi Henri IV en 1593.

Horace était issu d’une très ancienne famille d’Italie qui, au 11ème siècle, avait donné à l‘Eglise les papes HONORIUS III et IV.

Les registres paroissiaux de Toucy, Thury, Lainsecq et Etais-La-Sauvin permettent de reconstituer la généalogie des SAVELLI de Puisaye jusqu’à nos jours. On y trouve plusieurs « seigneurs de Champeaux, de la Grangette, de Maupertuis, de la Guirtelle… » ; certains d’entre eux se sont alliés avec des familles nobles de l’Avallonnais, tels que les DE BURDELOT, « seigneurs de Fontenille » et les DE LA BORDE, « seigneurs de Montillot et du Faye »…

En février 1749, un dénommé Morice GUIARD épousait à Montillot Claudine GUTTIN ; lors de la publication des bans, il fut reconnu comme fils naturel de François SAVELLI, écuyer à Etais. Il devint Maurice GUYARD-SAVELLY, et sa descendance se développa à Montillot. Le dernier porteur du patronyme fut Charles SAVELLY, décédé en août 1993.

NB : c’est le chanoine LEVISTE, de Sens, qui a publié en 1993 dans les Cahiers généalogiques de l’Yonne, un premier article intitulé « Des palais romains aux manoirs de Puisaye ; l’étrange destinée des Princes Savelli », présenté et complété en 2001 par un autre texte « Les SAVELLI de Rome et de Puisaye » publié sur ce site.

 

L’impôt dû au curé par les paroissiens

On a – sous la cote ADY G2547 - une copie faite en 1722 d’un rapport de l’huissier de Vézelay Gabriel MILIER, « sergent royal à cheval », venu le 22 décembre 1571 faire connaître à chacun des chefs de famille de Montilliot la sentence du 7 août précédent prononcée par la Cour du Parlement de Paris, leur ordonnant de payer à la « vénérable et discrète personne Me Philipe Broté prêtre Bachelier en droit curé de l’Eglise paroissiale de la Ville et fauxbourg de Montilliot », « pour 3 années d’arrérages échues » :

-       Pour ceux d’entre eux « laboureurs et menans charrues », au nombre de 31 nommés: «  par chacun an au jour et fête de Saint-Rémi », « une quarte de blé seigle » et «  5 deniers tournois ».

-       Pour ceux « non labourans n’y menans charrues », au nombre de 54 nommés, « une quarte d’avoine » et 5 deniers. 

 

Incident aux Magnes-Vattaire

En 1595, le jour de la Pentecôte, Gilles Gay, Edme Laboureau et Gabriel de Lannes, armés de pied en cap, creusent des fossés pour détourner l’eau de la mare située aux Magnes-Vattaire,- propriété des chanoines de Vézelay -, et pour en détourner les poissons. Ils sont poursuivis par le bailli de Monteliot, puis par celui d’Auxerre…

 

17ème siècle  

 

Familles nobles du Vézélien.

De nombreux documents conservés dans les archives privées du « château » de Montillot (maintenant déposés à Auxerre – fonds YAHER…..) ont pu être exploités, nous permettant de mieux connaître les familles nobles de notre région et leurs propriétés.

Par exemple, par un acte de 1614, le notaire T.PERNOT, de « Montelluot », établit un contrat d’amodiation (location avec bail), du moulin de Fontenille par son propriétaire Philippe de BURDELOT, "escuyer, seigneur de Fontenilles-les Forests (aujourd'hui le domaine de "la COUR"), paroisse de Brosses", au meunier Nicolas JOSMIER.

A partir de 1639, on trouve, rédigés et signés de Jean PERNOT, puis de Estienne GROSSOT, la plupart des documents de constitution du patrimoine terrien de la petite noblesse locale.

On commence par Jacques de LONGUEVILLE, seigneur de Sarrigny ( près de Poilly sur Tholon) qui, en 1639, habitait "en partie" à Montelluot

Il avait épousé Barbe de LA BORDE. La Borde est aujourd'hui encore une grande bâtisse isolée, dans une petite plaine de cultures, au milieu des bois, à 2,5 km à l'ouest d'Asquins et à 4 km au sud de Montillot. Les DE LA BORDE ont pris le titre de « seigneurs de Montelluot » (sans qu’il s’agisse d’un « fief », les abbés de Vézelay restant les vrais « seigneurs » ).

Un partage fait par Me Léger PINARD, notaire à "Asquien", le 29 Mars 1640, a attribué à Barbe de LABORDE un huitième des propriétés dites alors de "La Borde Roncin" ou "la Vieille Borde", comprenant bâtiments, vergers, jardins, colombier, terres, prés, bois, buissons et bestiaux, ceux-ci tenus par le métayer Estienne FORESTIER.

En juin 1639, Jacques de Longueville avait acheté quelques terres , puis un ensemble plus important de propriétés, bâtiments et terres attenantes au lieudit "Toucheboeuf", - qui porte encore ce nom aujourd'hui -, et qui était alors considéré comme un faubourg de "Montelluot", puisque situé au delà du "Chemin de Ronde". Il s'agit de l'emplacement du manoir actuel, manoir encore appelé "château" par les gens du village.

A l'époque, il y avait là un "bastiment... consistant en trois chambres, grenier dessus, un verger attenant, une cour, aysances et appartenances". Prix d'achat: 155 Livres Tournois, payées comptant à Jacques JOYAULT, laboureur à Malfontaine,  Anne JOYAULT et leurs époux, les précédents propriétaires.

En 1648 : Bon de LA BORDE, frère de Barbe de LA BORDE, épouse De Longueville, habitant jusque là à La Vieille Borde, achète les terres et bâtiments acquis par De Longueville à Montillot de 1639 à 1641, pour 1000 livres Tournois. Il prend aussi le titre de "Sieur du Fez" ( ou Fey, ou Faÿ...) qui figure dans les actes à partir de mai 1648 ? (le bois du Fey - dit aujourd'hui le Fège -, est limitrophe des terres de Toucheboeuf).

Le dit "Sieur de LABORDE" habite Montelluot à partir de 1649 et ce jusqu'à sa mort, fin 1661 ou début 1662; il achète un certain nombre d'autres terres, la plupart dans le même secteur de Toucheboeuf. Tandis que Jacques de Longueville demeure à La Brosse Conche (aujourd'hui "la Brosse Conge"), près de Sermizelles.

Le 24 Juin 1659, un contrat d'achat d'une terre de Toucheboeuf à la veuve BERTOU est signé du notaire Jean PERNOT. A partir du 16 Novembre 1659, les actes sont signés Estienne GROSSOT, "nottaire tabellion Royal gardenottes Controlleur Hereditaire" à Montluot. Bon de LA BORDE continuera d'acheter des terres dans la plaine de Monteliot.

 

Edme BROTHEY, le curé guérisseur

C’est aux Archives Départementales d’Auxerre que l’on trouve un document manuscrit de 37 pages intitulé  « Années 1602-1603 . Procès-verbal des témoignages rendus en faveur d’Edme BROTHEY, curé de Monteluot, poursuivi à la requête des chirurgiens et barbiers d’Auxerre, pour raison des cures qu’il a faites ».

Il s’agit du deuxième curé identifié dans notre paroisse à la fin du 16ème siècle.

En plus de son ministère, il utilise largement ses dons de « rebouteux » au profit de très nombreux patients : il les guérit au moyen de manipulations et d’onguents ; il se déplace quand on l’appelle à l’aide ; mais il accueille aussi les malades en son presbytère, les nourrit et les soigne sans rien exiger des plus pauvres…

Dans ce procès-verbal, 15 témoignages sont transcrits par 2 notaires d’Auxerre pour assurer sa défense ; on trouve ainsi un drapier et un vigneron qui ont glissé sur la glace et se sont fracturés l’épaule, une servante tombée dans un escalier, une femme revenant des champs tombant de sa charrette dont le cheval s’est emballé, un charpentier tombé d’un échafaudage…

L’authenticité des personnages cités a été confirmée par l’exploitation des fiches de la Société Généalogique de l’Yonne (« Genea89 N°96).

Pour plus de détails, voir sur le site l’article intitulé « Edme BROTHEY, curé de Monteluot et rebouteux renommé ».

 

Le curé COLLAS

Après les curés BROTHEY (ou Broté… ?), il y eut Jean POURCIER, inhumé dans l’église en 1634 ; Denis DELAPLACE, qui a participé en 1648 au baptême d’une cloche ; Edme ( ?) DELAPLACE, cité dans un acte notarié en 1653 ; X…PIOT, cité vers 1654 comme « curé de Montillot, recteur du Collège de Vézelay ; Lazare GOURLET, décédé fin 1671 et inhumé dans l’église ; et, de janvier 1672 à sa mort en novembre 1715, Guillaume COLLAS.

Nous disposons de quelques détails sur le ministère COLLAS aux Archives de l’Yonne, dans le dossier « Abbaie de Vezelai-Cure de Monteliot »(cote H1976) ; les textes originaux en latin , traduits au 20ème siècle, ont été transcrits en 2003 (doc ARCH0314 sous le titre « histoire de l’abbé Collas).

On sait ainsi que sa nomination a été proposée en janvier 1672 à l’abbé de Vézelay par les membres du chapitre de « l’insigne église de la bienheureuse Marie Magdeleine de Vézelay ».

On peut lire aux Archives de Saône-et-Loire un rapport rédigé par le curé Collas vers 1680 à la demande de l’évêque d’Autun sur « l’Estat de la parroisse de l’Eglise de Monteliot » ; « Saint Laurend martir » y est fêté le 6 mai… ; il y a 3 autels, « le grand autel, l’autel de la Ste Vierge et l’autre de Ste Brigide »…Tous les accessoires liturgiques y sont énumérés et décrits : ciboires, calices, chandeliers, chasubles, croix, lampes, images, nappes… « Le chœur de l’église est voûté. La neffe ne l’est pas. Il y a deux cloches…Le cimetière est attenant à l’église, fermé et une croix de bois au milieu »… « Il y a deux cent quarante cinq communians »…

Un autre rapport, daté d’août 1692, précise les ressources du curé desservant : « le revenu est de la portion congrue par composition faicte a l’aimable avec Messieurs du Chapitre de Vezelay qui possèdent les dixmes de bled et revenus de la dite paroisse d’où ils tirent près de six cent livres ». Une précision : « il y a une chapelle ruinée que l’on appelle vulgairement le prioré et qui a onze bichets et demy de bled, moityé froment et avoine, de rente…possédée par Messieurs du Chapitre de Vézelay ».

A citer aussi , deux rapports d’inspection de 1689 et 1692, rédigés par le curé de Saisy, archiprêtre de Vézelay, en présence d’habitants du village, dont « messire Dieudonné de Laborde, escuyer fabricien » ; constat : les instruments liturgiques sont bien entretenus …

 

Le curé COLLAS et la noblesse locale. L’affaire du Banc de l’église (à partir de 1698).

Chaque dimanche, Dieudonné de la Borde et sa famille – dont son épouse Elizabeth de Burdelot et leurs 4 enfants, avec sa sœur célibataire Germaine de la Borde -, assistent à la messe dans l’église St Laurent.

Depuis plusieurs dizaines d’années, une habitude est prise : en tant que seule famille noble du village, et bien qu’ils ne soient pas les vrais « seigneurs » de ce lieu, ils disposent d’un banc dans le chœur même de l’église. Mais la famille de la Borde, avec ses 4 enfants, devient « encombrante » et le curé COLLAS leur « remontre  que le chœur de son église était fort petit » et leur demande de reculer leur banc hors du chœur.

Attachés à leurs privilèges, les de la Borde refusent et les incidents commencent : après des avertisssements en chaire, le curé, aidé par des paroissiens, retire le banc du chœur…Le curé se plaint par écrit à l’évêque d’Autun et de la Borde au Chapitre de Vézelay.

Les moines du Chapitre donnent raison aux de la Borde, tandis que l’évêché paraît sensible à la proximité de « personnes du sexe » vis-à-vis du pupitre du prêtre, parle « d’incommodité et de notable indécence », et propose un partage en deux groupes…

L’application de cette mesure fut très discutée, et on ne sait pas ce qu’il en advint avant le décès du curé COLLAS en 1715…

Pour plus de détails, voir sur le site l’article intitulé « l’affaire du banc de l’église de Monteliot », rédigé en 1996 à partir de documents archivés au « Château ».

 

Le curé COLLAS rédacteur des registres paroissiaux

En 1539, François 1er avait ordonné l’enregistrement des baptêmes ; en 1579, Henri III exigea la tenue de registres de sépultures et de mariages. En 1667, Louis XIV définit plus précisément la rédaction des registres et prévoit la remise d’un double à l’administration civile ( le baillage). Ce dernier règlement fut mieux respecté, ce qui nous permet aujourd’hui de consulter dans tous nos villages des listes de baptêmes, mariages et décès datant de cette époque…

Pour commencer,  le curé COLLAS nous rapporte le 9 avril 1672,  le baptême de 2 jumeaux, Edme et Jacques COUTURIER d’une famille de Tameron.

Dans la période qui suit, - 1672 à 1699 soit 28 ans -, il a rédigé pour la paroisse de Montillot 948 actes, dont 467 baptêmes, 100 mariages et 381 sépultures.

N.B. : Ces actes, comme ceux des périodes suivantes – jusqu’en 1823 – ont été transcrits dans des cahiers – 8 au total -, dont un exemplaire est déposé à la mairie de Montillot.

 

Le curé COLLAS et les chanoines de Vézelay

Le roi Louis XIV avait décidé en 1685 que les gros « décimateurs » - ceux qui prélevaient la dîme –

devaient donner aux curés des paroisses de leur ressort une somme suffisante pour les faire vivre ; c’est ce qu’on appela la « portion congrue », qui était de 300 livres. Aussitôt que fut publié cet édit royal, le curé de Monteliot fit, par ministère d’huissier, sommer les chanoines de Vézelay de lui payer la portion congrue, s’offrant à abandonner en échange les biens qui dépandaient de sa cure. Le 6 juin 1686, les chanoines déclarent laisser au dit curé les revenus de sa cure et lui abandonnent en outre 30 bichets de grain pour parfaire le total de sa portion congrue.

 

Un différend entre les habitants de Monteliot et le chanoines de Vézelay

En 1688, les habitants de Monteliot essayent de se soustraire au droit de banalité, d’après lequel ils devaient cuire leur pain au four banal moyennant le « vingtième » à payer aux chanoines. Mais ceux-ci obtiennent du bailli de Monteliot une sentence condamnant les habitants à abattre les fours qu’ils avaient construits dans leurs maisons. Les chanoines continuèrent donc à cuire le pain, en échange du bois et du gardien qu’ils fournissaient pour la cuisson. Par contre, ils devaient réparer l’église du village, réservant pour cela une somme de 20 livres prise sur la rente payée par le moulin de Marot. ( Cette rente avait été définie en 1537 par un bail perpétuel conclu entre l’abbé de Vézelay D. de Béduer et le meunier Jean Guérin ; cet acte stipulait la location « d’un sault de forge à fert qui estait audict lieu de Marault », « pour, par ycelluy preneur faire bastir, construire et ediffier un ou deux moulins a mouldre bled, selon les comportances de l’eau et etang du dict Marault… »… « moyennant  la rente foncière et perpétuelle de 68 livres tournois, 10 bichets de bled et 6 poules par an »…).

 

La vie à Monteliot et alentour à la fin du 17éme siècle (d’après Vauban).

Cette deuxième partie du siècle est marquée par les guerres entreprises par le roi Louis XIV ; d’abord victorieux, il dut ensuite céder une partie de ses conquêtes.

A son service, Sebastien Le Prestre, marquis de Vauban, descendant de marchands-flotteurs de bois du Morvan, fut d’abord « ingénieur royal », chargé de réparer ou de démanteler les places fortes. « Ingénieur militaire responsable des fortifications », il invente le « siège à la Vauban », conduit plus de 40 sièges, et sera nommé maréchal de France en 1703.

Ses déplacements dans les provinces lui ont permis de constater les méfaits de la guerre, « les vexations et pilleries infinies qui se font sur les peuples » ; devenu « homme de plume », il les décrira sans indulgence.

L’un de ses textes, considéré comme le plus abouti, nous intéresse directement. Il s’agit de la « description géographique de l’Election de Vézelay » écrite en 1696. Il connaît bien cette région, où il est né, et où il a acheté le château de Bazoches.

L’Election de Vézelay , comprenant 55 paroisses, est nettement plus grande que la « poté », atteignant Voutenay au Nord, Lormes au Sud, les rivières Cure à l’Est et Yonne à l’Ouest. Vauban y distingue le « bon pays » et le Morvan, plus élevé et accidenté. « Le pays est en général mauvais, bien qu’il y ait de toutes choses un peu »…

Il décrit en détail la vie du « bas peuple », ce qu’il cultive, ce qu’il consomme… Village par village, il dénombre les habitants et les animaux domestiques, et en une phrase, il précise les « qualités particulières du terroir ».

A Montillot, il y avait 363 personnes, en 94 familles, dont 66 hommes, 83 femmes, 90 garçons et 110 filles, 5 valets et 9 servantes. Caractéristique du terroir ? … « sec et pierreux ; quelques bonnes vallées ; ne rapporte que ce qu’il faut pour la nourriture de ses habitants, et n’a pas de commerce ».

 

18ème siècle

 

Début de siècle à Vézelay

Dans cette période  « la colline de Vézelay vit entièrement à l’écart de l’histoire du royaume » (B.Pujo). L’abbaye a été attribuée en 1702, sur recommandation de Vauban à l’abbé de Tencin ( ensuite archevêque, puis cardinal, décédé en 1758) . En 1740, après la guerre de succession d’Autriche, arrivèrent à Vézelay et St Père des prisonniers hollandais. Durant l’été 1718, ne disposant pas assez d’eau à Vézelay pour éteindre un incendie, on a dû « défoncer des barriques de vin pour maîtriser le sinistre » ; la municipalité décida ensuite de construire 4 citernes pour recevoir les eaux pluviales…

1700 : un nouveau maître d’école est nommé à Monteliot  (240 habitants).

…ce sont les archives de l’évêché d’Autun qui nous l’apprennent :  … « Les habitants ont nommé pour marguillier, chantre et maistre d’école dans la paroisse le sieur Guillaume DEFER » ; il sera rémunéré chaque mois par les familles en fonction de leur situation. Il n’est pas précisé si filles et garçons étaient ou non dans les mêmes classes ; l’Eglise ne le permettait pas à l’époque.

Voir détails dans l’article du site Internet relatif à l’école publique à Montillot au 19ème siècle.

 

Le grand hiver de 1709

Les historiens ont évalué l’effet des famines autour de 1,3 million de décès pour 1693-1694, et 600000 pour celle de 1709, soit 3% de la population de la France de l’époque.

Nous n’avons pas de relation de l’hiver de 1709 à Montillot ; à la différence de certains autres curés, l’abbé COLLAS ne commentant pas l’actualité dans ses registres paroissiaux…

A proximité, nous disposons des « recherches historiques sur Asquins », de l’abbé PISSIER, curé de St Père de 1894 à 1934. Il  rappelle la lourde charge pesant sur le peuple à la fin du règne de Louis XIV et ajoute « le terrible hiver de 1709 mit le comble aux souffrances de tous ».

A partir d’octobre 1708, vent violent, puis pluies continues, alternant avec neige et gelées. « Le 6  janvier 1709, le froid redouble »… « blés et vignes sont gelés »… « pendant 35 jours, le froid est des plus intenses »…. « après ce terrible hiver la famine fut extrême »… « les pauvres ne vivaient que d’herbages et de racines…aussi vit-on partout une grande mortalité »….le 18 avril «  les paroisses de Vézelay, Asquins, St Père, Fontenay et Chamoux s’assemblèrent et allèrent en procession à St Lazare d’Avallon ».

Même constat dans la plupart des villages…Ainsi à Migennes, près d’Auxerre, un chercheur a relevé 11 décès en 1707, 27 en 1708 et 45 en 1709, dont 23 enfants au-dessous de 15 ans.

Plus impressionnants les chiffres fournis par l’historien Max QUANTIN pour Vermenton : « il mourut en cette année 1709, du 1er janvier au 31 décembre, 319 personnes »

A Montillot, il y avait eu une pointe importante en 1704 : 43 décès dont 22 enfants, la cause en est inconnue... seulement 17 en 1708 et 1709, dont 11 enfants (9 de moins de 2 ans…).

 

1752-Contestations des habitants de Montillot (suite…)

Lorsque les habitants du village, à la suite de la sécularisation de l’abbaye de Vézelay en 1537, furent devenus les vassaux des chanoines, ils se crurent affranchis de certains impôts, - droit de bourgeoisie, droits de corvée, taille…-, et refusèrent de les payer à leurs nouveaux maîtres. D’où des contestations périodiques, sanctionnées par des condamnations,  jusqu’à la Révolution.

L’une des dernières, en 1752, concernait le paiement de la taille : le 30 mars, à la requête du Doyen du Chapitre, Jacques DAILLY, premier huissier audiencier à l’Election de Vézelay, apporte à chacun des 55 chefs de famille de Montelliot, l’assignation à payer ce qu’il doit…Le document présentant la liste des destinataires nous permet de connaître les métiers de chacun d’eux (ils sont reportés dans le doc ARCH0303 intitulé  « Noms de familles relevés à Montillot aux 16ème, 17ème et 18ème siècles ») ; on remarque qu’on trouve au bourg surtout des manœuvres, des laboureurs et des blatiers – ou blatayers, des marchands de grains -…et au « Vaudongeon », - alors dans la paroisse d’Asquins -, surtout des vignerons… ; on imagine les « côtats » plantés de vignes à cette époque…

 

1767- Incident dans les bois de Brosses

Le 18 juin, le troupeau des frères BERTHOUX, laboureurs demeurant à Bouteau, a été surpris par des gardes, en train de paître des jeunes pousses de chêne.

La propriétaire Edmée Françoise de la Borde, domiciliée au « château » de Montillot, fait convoquer les contrevenants devant la « Justice et seigneurie de Malfontaine, Fontenille les Forests, Bouteau et dépendants ». A l’époque de Louis XIV, il y avait en effet à Malfontaine, ainsi qu’au Gué de Combre voisin, de l’autre côté du ru de Brosses, plusieurs maisons, et même un notaire…

Les pièces de ce dossier ont été conservées dans les archives du « château ».

Les BERTHOUX expliquent d’abord qu’ils étaient seulement de passage, évitant un chemin impraticable ; mais au cours d’une visite commune des lieux, ils sont confondus par les gardes. Le 28 août , en audience à Malfontaine, ils sont condamnés à une amende de 15 livres. Ils refusent de payer et font appel auprès du baillage d’Auxerre. Cet appel est jugé non valable à Auxerre et reporté vers le Procureur général du Roy aux Eaux et Forests de France à Paris …Nous ne connaissons pas la suite…( voir plus de détails sur l’article intitulé : « huit bœufs et une vache dans un bois taillis »). Aux Archives de l’Yonne, on trouve le texte d’une sentence délivrée en 1648 par ce même organisme royal pour un délit aussi insignifiant commis dans les bois de Vaulanne….

 

1768- Anecdote : les habitants du Vaudongeon veulent une chapelle .

L’église d’Asquins, leur paroisse, se trouvant à plus de 3 km, les représentants des 42 ménages du Vaudongeon, avec l’accord de leur curé B.GROGNOT, adressent à l’Evêque d’Autun une « supplique » exposant les difficultés  qu’ils rencontrent, surtout en hiver, pour se rendre à la prière, et demandant la construction d’une chapelle toute proche. En juillet 1768, l’archiprêtre de Vézelay est allé sur place et a reconnu le bien fondé de cette demande.

La chapelle a donc été construite vers 1770.

En fait, cette chapelle, si ardemment souhaitée par les habitants de ce hameau, n’aura été un lieu de culte qu’une vingtaine d’années. Car la Révolution est arrivée, les biens ecclésistiques ont été nationalisés ; l’adjudication définitive de ce bâtiment à Denis COLAS, cultivateur, a eu lieu en 1799.

Le document ARCH0313 présente les détails de cette affaire sous ce même titre, ainsi que la liste des propriétaires successifs jusqu’à nos jours.

 

1789 – Début de la Révolution. Le cahier de doléances de Montillot.

Les cahiers de doléances ont été écrits, à la suite de l'ordonnance royale du 24 janvier 1789, par la Noblesse, le Clergé et le Tiers-État, pour servir à l'assemblée des États généraux convoqués par Louis XVI, le 1er mai 1789.

Les « habitants de la paroisse et communauté de Montillot » ont donc rédigé un « cahier des plaintes et doléances » pour « proposer tout ce qu’ils croient utile pour le bien général du royaume ».

Le texte intégral en a été reproduit dans le « Bulletin de la Sosiété des Sciences historiques et naturelles de l’Yonne » de 1885.

Retenons-en les points principaux…

-       Il faut supprimer les trop nombreux intermédiaires chargés de la collecte des impôts.

-       Il faut supprimer certains impôts : les « aides » qui gênent le commerce et les « gabelles »qui font le sel « trop cher pour les gens de la campagne ».

-       …Créer un impôt territorial fonction du seul revenu des propriétés.

-       …Simplifier et unifier les procédures de justice, dont la durée «  ruine quelquefois les parties ».

-       …Que l’impôt appelé « droit de corvée » récemment créé, soit utilisé pour l’entretien des chemins publics.

Le 15 mars 1789, ont signé 17 habitants : P., L. et Charles Carillon ; E.Pernot ; Jean Brisdoux ; C. Guilliou ; Marcelot ; M.Porcheron ; D. et P.Guilloux ;  Pernot ; G.Luly ; A.Mercier ; P.Degoix ; Defert ; Defert (ancien praticien).

 

1789-1790 – La Révolution à Montillot : nationalisation des biens ecclésiastiques.

Il s’agit d’une décision prise par l’Assemblée Constituante le 2 novembre 1789 dans le but de renflouer les caisses de l’Etat : « Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation »… Ils prennent le nom de « biens nationaux ».

Il en résulte des opérations étalées sur une dizaine d’années au moins : inventaires, estimations et adjudications, avec une comptabilité rigoureuse…

Les biens « nationalisés » appartenaient sous l’Ancien Régime, soit au Chapitre de Vézelay, soit à la cure de Montillot, soit à la fabrique, - organisme de gestion (entretien de la nef et autres biens rattachés à l’église) composé d’un groupe d’habitants élus

Les acheteurs sont, soit des bourgeois de la région, soit, souvent regroupés, les paysans et laboureurs du village, nos ancêtres…

Les dossiers de ces opérations sont classés aux ADY-série Q.

Le document ARCH0109 – titré « vente des biens nationaux » - en relève les points caractéristiques :

-       Le 1er septembre 1790 : inventaire des biens de la cure et de la fabrique, dont l’église du village et la chapelle du Vaudongeon.

-       En janvier 1794, inventaire du mobilier de l’église par un délégué du district d’Avallon.

-       En juin 1791, estimation des biens de la cure de Montillot.

-       En juin 1799, estimation de la chapelle de Vaudonjon.

En décembre 1791, adjudication définitive des biens de la cure de Montillot, partagés entre des notaires de la région et des habitants du village.

-       En juin 1791, adjudication définitive des biens du Chapitre.

-       En janvier 1795, adjudication définitive des biens de la Fabrique à des habitants du village.

-       En juillet 1796, adjudication définitive du presbytère (proche de l’église) au citoyen François MAUPIN.

-       En juillet 1799, adjudication définitive de la « chapelle du Vaudongeon » à Denis COLAS et 3 autres cultivateurs.

 

1789-1790 : Réorganisation de l’Administration civile.

En novembre et décembre 1789, l’Assemblée Constituante a supprimé les provinces et créé 83 départements divisés en districts et eux-mêmes en cantons.

Le 14 décembre 1789, sont créées les communes.

Vézelay devient chef-lieu de canton, avec les communes de Asquins, Givry, Blannay, Foissy, Pierre-Perthuis, Fontenay, Domecy-sur Cure, Tharoiseau.

Montillot, agrandi du Vaudonjon et des Hérodats, est rattaché au canton de Châtel-Censoir – devenu « Sensoir sur Yonne », qui sera supprimé sous l’Empire (1801).

Le premier maire élu pour 2 ans en janvier ou février 1790, selon la procédure  définie par l’Assemblée Constituante – élection par les citoyens « actifs » imposés au dessus du seuil de 10 journées -, fut Louis Nicolas Marie MULLOT de VILLENAUT, propriétaire du « château » depuis son mariage en 1771 avec Elizabeth de la BORDE, fille de Bon de la BORDE et de Marie Louise de SAVELLY .

 Pierre CARILLON lui succède début 1792, et le maire précédent est désigné comme « officier public » chargé de dresser les actes d’état-civil. Ensuite, selon leur disponibilité, on trouve d’autres rédacteurs des actes : Jean PORCHERON, Antoine Jacques DEFERT, Jean BRISDOUX …

 

1790 : nouvelle organisation du Clergé.

L’Assemblée Constituante, emportée par son élan réformiste a voulu calquer l’organisation de l’Eglise de France sur celle du royaume ; de plus, elle a voulu « libérer » le Clergé de l’autorité du pape, considéré comme « puissance étrangère ».

Le 13 février 1790, les Constituants s’attaquent au clergé régulier : la loi ne reconnaît plus les vœux monastiques perpétuels et supprime les congrégations où les vœux solennels étaient prononcés. Les moines sont incités à démissionner.

Le 12 juillet 1790, une loi définit la « Constitution civile du Clergé » et réorganise le clergé séculier.

Il est créé 10 « arrondissements métropolitains » avec des « évêques métropolitains » et 83 évêques (un par département). A tous les niveaux, les titulaires deviennent des fonctionnaires de l’Etat, élus comme les députés,  et doivent prêter serment « à la nation, à la loi et au roi », sous peine de poursuites. Ces mesures entraînent des troubles importants dans certaines régions. Mais dans le district d’Avallon, 7 prêtres seulement sur 70 refusent de prêter serment…

L’abbaye de Vézelay est particulièrement pénalisée par les lois révolutionnaires .

Le Chapitre, organe de gestion des villages de la « poté », - dont Montillot -, est dissous. Ses propriétés deviennent « biens nationaux » ; l’inventaire en est fait en mars 1790. Les chanoines ne prêtent pas serment, mais ils ne sont arrêtés qu’en 1793 . Dix chanoines sont condamnés à la déportation. Les 2 paroisses de Vézelay, St Pierre et St Etienne, sont dissoutes et leurs églises fermées.

A Montillot, le curé de la paroisse Jacques Anne DESAUTELS, avait succédé à l’Abbé GOUREAU en janvier 1764 . Les actes de baptême, mariage et sépulture sont écrits par lui sur les registres paroissiaux jusqu’en octobre 1792 , l’Assemblée Législative ayant confié aux Municipalités le 20 septembre 1792 la tenue de « registres d’état-civil ». Comme la majorité des prêtres de l’Avallonnais, il a prêté serment à la Constitution.

En juillet 1795, on retrouve l’écriture du curé DESAUTELS, se présentant comme « secrétaire-greffier, au deffaut de membre du Conseil Général qui sache écrire ». Il meurt le 18 Août 1796 à Montillot à 78 ans.

 

Les comptes de gestion de la commune de Montillot en 1789 et 1790.

Ce document a été rédigé puis archivé par son auteur sous le titre « Compte que rend aux citoyens formant le Conseil général de la Commune de Montillot le Citoyen Nicolas Villenaut, maire de la dite commune pendant les années 1789 et 1790 ».

L’exploitation détaillée de ce texte a été effectuée dans le document ARCH9828., sous le titre « comptes de gestion de la commune de Montillot en 1789 et 1790 ».

Il s’agit d’une comptabilité sérieuse des recettes et dépenses :

-       Les recettes proviennent de la vente de coupes de bois communaux.

-       Les dépenses sont liées aux besoins courants de la communauté : entretien des chemins, transport de matériaux, achat de mobilier, paiement des gages des employés, règlement des impôts dus par la commune…

Une autre partie de ces archives réunit les lettres adressées au maire par les autorités de tutelle : il s'agit à cette époque des Services administratifs de la Généralité de Paris, représentés par "le Sieur MACART d'ARC, Sous-Chef du Bureau des Domaines du Roi".  Les premières lettres de cet organisme sont adressées au ‘Sindic de la Communauté de Montillot et Vaudonjon », et, à partir de 1790, au « Maire de Montillot».

Ce fonctionnaire contrôle dans les moindres détails les comptes de la commune.

 

Anecdote : 5 avril 1793 - César Lavirotte, futur inspecteur des finances, arrive à pied à Montillot.  (cf article de 2004 sous ce titre).

Un historien amateur de Côte d’Or, M. Bernard LEBLANC, - qui s’est intéressé aux personnalités originaires du canton d’Arnay-le Duc -, a attiré en  2003 l’attention de la mairie de Montillot sur la publication récente par les éditions « la Vouivre » d’un ouvrage où notre village était cité.

Il s’agit d’un manuscrit ancien rédigé par un dénommé César LAVIROTTE ( 1773-1859), né à Arnay-le-Duc dans une famille de la petite noblesse provinciale, qui, après une formation en école d’artillerie, passa d’abord 17 ans aux Armées, sous le Directoire, le Consulat et l’Empire. Recruté ensuite vers 1810 dans le corps des Inspecteurs du Trésor, il prendra sa retraite d’Inspecteur des Finances 1ére Classe en 1830, puis sa retraite définitive en 1846. Il est élu maire de Champignolles en 1852.

Ce sont 2 inspecteurs des Finances qui ont retrouvé son manuscrit à la fin du 20ème siècle.

Etant royaliste, il eut quelques problèmes pendant la Révolution, et dut échapper plusieurs fois à des poursuites…C’est ainsi qu’en 1793, il chercha refuge auprès d’un ami de son père, Mr de Villenaut, à Montillot. Il raconte dans ses Mémoires : « Enfin, après trois heures de marche dans ces pays inconnus de moi, j’atteignis le village de Montillot situé au milieu d’une plaine fertile… ».

Son récit nous présente des « instantanés » très vivants de l’intérieur d’une maison de Montillot il y a plus de 2 siècles ; les personnages nous sont connus : à côté du maître de maison, son épouse Edmée de la Borde, sa mère Marie Jeanne de Savelly, sa fille Françoise Mullot de Villenaut… L’article du site Internet retrace l’évolution des bâtiments du « Château depuis le 17ème siècle).

En octobre 2009, a été commémoré à Champignolles le 150ème anniversaire de la mort de César Lavirotte.

 

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