accueil Anecdotes...   ou petites histoires de l'ancien temps... Fin XIXe et début XXe siècle

vécues ou entendues à Montillot par Pierre GUTTIN.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le tonnelier braconnier

Achille chassait dans les bois interdits…Repéré et poursuivi par les gardes, il traverse les jardins en courant et rejoint son atelier. Vite, il met le sac contenant le chevreuil dans un tonneau ouvert, pose le fond tout prêt et cercle le fût …Sûrs de l’avoir reconnu dans le bois, les gardes arrivent et trouvent un brave homme de tonnelier au travail , avec son tablier de cuir, ahuri de se voir soupçonné. Après avoir fureté dans quelques coins, ils s’en vont …Au revoir, Maurice, dit Achille !

Livraison de spiritueux      

Eusèbe était « cafetier-tonnelier » entre 1850 et 1890. Il avait un fils curé à Massangis. Périodiquement, il allait en voiture à âne lui livrer du vin avec un laissez-passer de la Régie. Mais il ajoutait discrètement, pour éviter les frais, un petit tonnelet d’eau-de-vie…La « goutte » était placée dans un tonnelet déposé en premier à l’intérieur du fût vide, fond retiré ; puis il plaçait le fond , serrait les cercles et remplissait de vin. 

Le curé appréciait, paraît-il, le fruit de la vigne et ses dérivés !…

Pas d’alcool pendant la messe

C’était une règle imposée par l’Eglise, et dont De LENFERNAT, lorsqu’il était maire, de 1860 à 1870, voulait assurer l’application…Or il se trouva qu’un homme de Lac-Sauvin, venu faire des courses à Montillot un dimanche matin, se fit servir à boire au bistrot d’Eusèbe. Le Maire ferma le café huit jours, mit  le fautif en « garde-à-vue » dans un local fermé au bord de la grand’rue. Pour le faire sortir, sa famille dut faire amende honorable devant le maire plusieurs dimanches de suite…

Premier vol

L’huilier B. avait l’esprit inventif. Un jour, il imagine et réalise un casse-noix… Une autre fois, il équipe les bras de son frère d’espèces d’ailes volumineuses en bois, et lui dit : « Monte à l’arbre ! » . Arrivé péniblement là-haut, l’aviateur crie :  « Adieu, mon frère ! » , se lance …et s’affale sur le sol, la jambe cassée.

Ivrognes et farceurs

Jules, maréchal, devenu veuf, aimait jouer au billard au bistrot de la « Garnière ». Un jour, il s’énivre, et un groupe de jeunes compatissants le ramènent à la maison, et lui préparent son souper : une omelette qu’il trouve très bonne ; pour lui, des cornichons en lamelles…En fait, ô malice, … des sangsues ! 

Pierre est allé porter ses produits au marché de Clamecy. La vente a été bonne. Avant de repartir, il a rencontré des copains, et , fait rare de sa part, il est un peu « pompette ». Sur le chemin du retour, le groupe s’arrête au bistrot à Asnières. Ses compagnons chuchotent : « on va le finir !… ». Le voilà ivre-mort . Qu’en fait-on ? – Une voix suggère :  « on va l’enterrer ! » . Aussitôt, on l’allonge sur une table, on étend un drap par-dessus, on dispose des bougies tout autour …L’aubergiste, quelque peu croyant, refuse de prêter son crucifix. L’un des compagnons, chantre à Montillot, fredonne prière et hymnes religieux…Au bout d’un moment, le dormeur ouvre l’œil ; d’abord ahuri, il saute d’un bond. Tous partent en courant… 

Une autre fois, c’est P. que les jeunes transportent en brouette, ivre-mort et nu, après l’avoir « peinturluré » en peau-rouge avec de la teinture d’iode et des plumes ici et là. Ils le ramènent chez lui, rue des Hâtes, ouvrent la porte, et retournent la brouette à l’entrée de la cuisine, laissant sa femme s’occuper de lui ensuite !

Autour d’un alambic, flottent des vapeurs d’alcool chaud ; on discute ferme, on s’échauffe, et on boit ! Cette fois-là, c’était le N. qui, faisant le « saoul » avait entrepris d’énivrer Adolphe . Il y parvient facilement : Adolphe a son compte ; un discret coup de coude le fait basculer dans un tas de pépins de raisin ! Prévenus, femme et fils apostrophent le N. qui répond avec justesse : « Quand il buvait, c’est bien lui qui tenait le verre ! »

Intervention de la maréchaussée

La « Garnière » était très conciliante avec les jeunes . Souvent, après l’heure de fermeture, elle leur permettait de continuer à jouer aux cartes à l’arrière de la salle de bistrot, dans sa cuisine.

Or, un soir, « Pan-pan » à la porte : « Police, ouvrez ! ». Les garçons disparaissent et les gendarmes, voyant les verres inachevés : « Où sont-ils ? »  -- « Ils sont partis depuis longtemps ! »  --« Ah ! Tiens ! Votre horloge est arrêtée , voyons ce qu’elle a ! » . La porte ouverte, on trouve un gars recroquevillé derrière le balancier …Procès-verbal, deux ou trois noms relevés …Mais devant le Juge de paix de Vézelay, il en est venu dix ! Le juge dit à la « Bistrote » : « Vous leur serviez du vin chaud ! ».

Un « zigoto » répond dans son patois : « çô pas vra, elle nous le sert fré ! ».

Le juge, sourire en coin, fixe une amende globale à cette bande de  joyeux lurons et à la trop aimable aubergiste…

On a volé la pompe !

Un dimanche par mois, on essayait la pompe à incendie à la mare du Puits Martin. La Compagnie de pompiers était alors sous les ordres du Lieutenant Edouard P., brave homme, âgé et imbu de sa fonction. C’était après la guerre de 14. J’étais pompier ainsi que d’anciens « Poilus ». Un jour, deux anciens, d’esprit farceur se font comprendre des jeunes par un clin d’œil …Contrairement aux ordres du Chef, on avait l’habitude d’aller au bistrot après l’exercice, avant de rentrer la pompe, la garant seulement en retrait de vue du café. Cette fois-là, en sortant, plus de pompe ! Branle-bas, effervescence, colère d’Edouard …Quelques heures après, on a retrouvé la pompe derrière une haie, champ des Hâtes … !

Le plaideur puni

Le « Gros Charles » , comme un certain nombre de gens du village, plaidait « à répétition ». Le Juge de paix le connaissait trop bien et en était agacé.

Un jour , c’est le cheval d’un voisin qui, ayant arraché son piquet, s’est baladé avec sa chaîne dans le champ de luzerne du Gros Charles … « Combien le cheval a-t-il mangé de bottes d’herbes dans la nuit ? », demande le juge ; l’interpellé répond : « oh ! vingt, Monsieur le Juge !». Réponse : « Un cheval ne mange pas vingt bottes dans une nuit ! Débouté, vous êtes condamné aux dépens ! »…En sortant , le plaignant reconnaît qu’il s’est trompé de mot, et aurait dû  répondre « saccagé » et  non « mangé » !

L’usurier

Auguste était un artisan sérieux et travailleur, mais il aimait dominer, et savait faire « travailler » l’argent qu’il avait accumulé. A cette époque, on ne payait les travaux qu’en fin d’année, et Auguste disait à ses débiteurs : « Si tu es gêné, tu me paieras quand tu pourras ! » Quelque temps après, il « mettait la pression »… J’ai assisté à la scène qui suit . Rendez-vous donné à l’auberge ; arrive un homme qui, s’adressant à Auguste, lui dit : « Vous m’avez convoqué ?  - « Oui, mon vieux L. ; il faut me payer ce que tu me dois ! » -« Mais vous m’avez proposé vous-même…. » ;- « Eh oui, mais je suis gêné, et si tu ne me paies pas, je dois emprunter et payer intérêt…Je te propose de t’engager par écrit à me payer les intérêts à 10% … ! » - «  Comprenez-moi , Monsieur, j’ai 7 enfants à élever ! » Réponse d’Auguste : « Quand on ne peut élever des enfants, on n’en fait pas ! ».

Stupéfait et scandalisé, le pauvre L. dut accepter…

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