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 Les curés de Saint-Laurent de Montillot depuis le 16e siècle. 

II: commentaires et témoignages

 

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Des témoignages écrits ou oraux, et des documents d’archives, permettent de connaître un peu mieux la vie de certains de nos curés ( c.f.  tableau « curés de Montillot »).

BROTÉ ( ou Brostey, ou Brothé?) Philipe

On a le rapport de l’huissier de Vézelay, « sergent royal à cheval », venu le 22 décembre 1571 (Charles IX était roi de France), faire connaître à chacun des chefs de famille, la sentence leur ordonnant de payer à « la vénérable et discrette personne Messire Philipe Broté, prêtre bachelier en droit, curé de l’église paroissiale de la ville et fauxbourg de Montilliot », … « trois quartes de blé-seigle » …. « par chacun an au jour et fête de Saint-Rémi », et en outre « cinq deniers tournois chacun » … « et ce pour trois années d’arrérages ». ( cote ADY  G 2547 ).

BROTHEY Edme

C’est dans le « Fonds Guimard » aux Archives de l’Yonne (ADY - cote 3E7-21 ) que l’on trouve le dossier intitulé « Années 1602-1603. Procès-verbal des témoignages rendus en faveur d’Edme BROTHEY, curé de Monteluot, poursuivi à la requête des chirurgiens et barbiers d’Auxerre, pour raison des cures qu’il a faites ». Ces 15 témoignages sont transcrits par 2 notaires d’Auxerre : un drapier , un vigneron glissent sur la glace et se fracturent l’épaule, une servante tombe dans un escalier, une femme revenant des champs tombe de la charrette dont le cheval s’est emballé et passe sous les roues, un charpentier tombe d’un échafaudage …etc… Dans tous ces cas notre curé guérit ses patients au moyen de manipulations et onguents. Il se déplace quand on l’appelle à l’aide, mais il accueille aussi les malades en son presbytère de Montillot, les nourrit et les soigne, sans rien exiger des plus pauvres…

L’authenticité des personnages cités a été confirmée par l’exploitation des fiches de la Société Généalogique de l’Yonne (cf « Genea89 » N° 96).

C.F. : article sur le site Internet de Montillot « Edme Brothey, curé de Montillot et rebouteux renommé ».

DELAPLACE Edme

En août 1653 (sous Louis XIV), « prestre curé de Montelluot », il est témoin , avec Me Mathurin DEFER, praticien, lors de l’achat de parcelles de terre au « faubourg de Toucheboeuf » par Bon de la Borde, écuyer, récemment arrivé au village , devant le notaire Jean PERNOT.

DELAPLACE  Denis

« Sa vénérable personne Messire le Curé Denis Delaplace » a son titre et son nom gravés sur la cloche baptisée en 1648.  On peut se demander s’il ne s’agit pas de la même personne que le « Edme » ci-dessus…

COLLAS  Guillaume

Il s’agit de l’un des plus longs ministères exercés dans notre église. C’est ce prêtre,  arrivé au début 1672, qui, - se référant à l’Ordonnance de Louis XIV de 1667 - , a ouvert le premier registre paroissial dont nous disposons aujourd’hui, et pendant 43 ans, a rédigé les actes de naissances, mariages et décès des habitants du village.

Il avait une forte personnalité et n’hésitait pas à s’attaquer aux « classes privilégiées » de l’époque, petits nobles locaux et abbés de Vézelay, ceux-ci étant, jusqu’à la Révolution les seigneurs de la région. L’écho de ces conflits est parvenu jusqu’à nous , les écrits de justice de l’époque.ayant été soigneusement conservés dans les archives privées des « parties adverses ».

Des anecdotes de son histoire font l’objet de plusieurs écrits présentés sur le site de Montillot :

-                     Chapitre I : « 27 janvier 1672 ; un nouveau curé est nommé à Monteliot » .Il s’agit du texte en latin de sa candidature présentée au Chapitre de Vézelay (ADY – cote H 1976).

-                     Chapitre II : «  l’église de Monteliot et son curé sont inspectés »  On trouve les rapports sur l’état de l’église présentés par le curé en 1680 et 1692, ainsi que celui de l’Archiprêtre « inspecteur » en 1689. Ces documents sont déposés aux Archives de Saône et Loire (Diocèse d’Autun- liasses 2G11 et 2G12).

-                     Chapitre III : «  L’affaire du banc de l’église » dont le déroulement a pu être reconstitué à partir d’archives privées parfaitement conservées à Montillot depuis 3 siècles. Le curé Collas s’appuyant sur des règles émises par l’Evêque d’Autun, voulait éloigner la famille noble du banc qu’elle occupait dans le chœur pendant les messes depuis plusieurs dizaines d’années. Soutenu par les habitants, il a porté ce différend devant l’Officialité de Moulins et le Bailly d’Auxerre…

-                     Chapitre IV (à venir) : « le différend entre le  curé COLLAS et les abbés de Vézelay sur le montant de sa portion congrue »  L’affaire commence par une sommation adressée au Chapitre de Vézelay, se poursuit par des accords partiels et se termine par une sentence du Bailliage d’Auxerre condamnant le dit Chapitre à payer un « droit de fouage » à notre curé…( ADY- liasse H 1997).

-                     Le curé COLLAS est mort le 7 novembre 1715 à Montillot . Louis XIV s’était éteint le 1er septembre, à Versailles… ; « Dieu seul est grand, mes frères , … » avait rappelé à cette occasion le prédicateur Massillon…

FAULQUIER Jean-Baptiste  et  GOUREAU Pierre

Pas d’évènements marquants dans cette période ( 1715 à 1764, sous le règne de Louis XV) . Dans les archives de l’église, on ne trouve que les déclarations périodiques des revenus de la cure et quelques actes notariés courants, de location de terres à des habitants du village :

-                     de Messire FAULQUIER à Jean TREMEAU en 1724 (notaire DEFERT), à Edme Rétif en 1732, à Etienne TREMEAU en 1744….

-                     De Messire GOUREAU à Morice SAVELLY en 1753…

J.B. FAULQUIER , curé de Montillot pendant 33 ans, y est mort  en septembre 1750.

P.GOUREAU  y est décédé en décembre 1763, à 55 ans.

DESAUTELS Jacques Anne

Après 25 ans de ministère de J.A.Desautels, on aborde la période révolutionnaire.

En novembre 1789, tous les biens ecclésiastiques sont nationalisés.

En juillet 1790, une loi réorganise le clergé séculier et définit une « Constitution civile du Clergé » (c.f. le texte du site intitulé « 1789-1790- La Révolution à Montillot. Vente des biens nationaux »). Evêques et curés sont élus par le peuple, deviennent des fonctionnaires de l’Etat (leur nombre est réduit) et doivent prêter serment de fidélité « à la Nation, à la Loi et au Roi », sous peine de poursuites et de graves condamnations.

L’application des nouvelles règles prend du temps. L’inventaire des biens de l’église de Montillot se fait en plusieurs étapes, de septembre 1790 à janvier 1794 (et même en juin 1799 pour la chapelle de Vaudonjon) ; et les adjudications de décembre 1791 à juin 1799.

Ne subsiste qu’une seule église « habilitée » au chef-lieu de canton, Châtel-Censoir, les autres anciennes paroisses ne recevant que des « desservants ». L’historien  E. PALLIER rapporte que « le curé de Brosses, Marizy, puis Claude Tabouillot, desservant de Montillot ,…Jacques Desautels, autre desservant de Montillot, …prêtent serment le 19 floréal An IV ( 8 mai 1796) ».  

Un autre document ( ADY – Q 569) nous signale que « le sieur Breton, cy-devant desservant de la commune de Montillot, prêtre condamné à la déportation » est en fuite, et recherché en vain par les autorités locales …

Il est probable que J.A. Desautels a pu officier dans l’église de Montillot jusqu’en janvier 1794, date à laquelle l’Administration a fait enlever les objets du culte.

Quant à la rédaction des actes d’état-civil, l’Assemblée Législative l’a confiée le 20 septembre 1792 aux municipalités. A partir de novembre , l’ancien maire Louis Nicolas de Villenaut reprend ce rôle avec le titre d « ’officier public municipal ».En cas d’absence, il est remplacé par le maire Pierre Carillon ou son adjoint Jean Porcheron.

On retrouve l’écriture de notre curé en juillet 1795, nommé « secrétaire-greffier » de la municipalité, après avoir assuré un remplacement «  au deffaut de membre du Conseil général sachant écrire » !

Il meurt au presbytère le 18 août 1796, à 72 ans ; les témoins qui ont signé l’acte sont ses voisins François Maupin et Antoine Defert, « propriétaires ».

A noter que sa nièce Gabrielle Jacqueline DESAUTELS, venue avec lui à Montillot, s’est mariée en février 1791 avec François MAUPIN, « garde des bois », qui a acheté en juillet 1796 la « maison presbytériale » vendue comme « bien national ». Elle est décédée en mars 1840 à 95 ans.

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Pour rétablir la paix religieuse et mettre l’Eglise à son service, Bonaparte, Premier Consul, conclut en juillet 1801 avec le pape Pie VII  un « Concordat », qui est resté en vigueur jusqu’à la Loi de Séparation de 1905. Le pape renonce aux biens de l’Eglise qui ont été nationalisés,  et reconnaît la République ; celle-ci reconnaît la religion catholique comme «  celle de la majorité des Français ».Tout l’épiscopat est renouvelé. Archevêques et évêques seront nommés par le gouvernement (c’est-à-dire en 1801 par le 1er Consul lui-même).  Les curés seront nommés  par les évêques, mais « agréés par le gouvernement ». Tous devront prêter serment devant les autorités civiles et le gouvernement leur assurera un « traitement convenable ».

Après la chute de l’Empire, la Charte de Louis XVIII, en 1814, proclame à nouveau la religion catholique comme religion d’Etat. Le roi voudrait revenir à l’ancien régime, mais finalement le Concordat est maintenu.

Pendant une période d’une vingtaine d’années, il semble qu’il n’y ait pas eu de prêtre à l’église de Montillot, mais seulement des « desservants »..Dans ses cahiers manuscrits, J.A.G. de LENFERNA  note ses relations avec les « curés de Brosses », Marisy et Tabouillot.

En 1818, le prêtre desservant touche 300 francs de la commune.

A partir de 1820, on retrouve des curés « affectés » à Montillot. ; ils logent au nouveau presbytère, acheté en 1819 par la commune au notaire RABIER – époux Grossot – On note dans les archives communales  qu’en 1848, 6 m2 pris sur le terrain du presbytère ont permis de construire un escalier pour la nouvelle mairie, et qu’en 1854 le maire PERNOT a commandé à l’architecte CIRCUIT des travaux de restauration du presbytère….

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