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Edmé BROTHEY, curé de Monteluot en 1600 et rebouteux renommé

 

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Au cours de la séance de la Société des Sciences de l’Yonne du 4 Mars 1951, Monsieur Henri FORESTIER, alors Directeur des Archives départementales, a fait un exposé intitulé « un guérisseur à Montillot au 17ème siècle » …dont le texte n’a pas été reproduit dans le bulletin de la S.S.Y.

On doit donc se reporter au document original, classé « 3E7-21 pièce 1 » du « Fonds GUIMARD » des Archives départementales de l’Yonne, pour en savoir plus.

Ce dossier est répertorié ainsi : « Années 1602-1603 . Procès-verbal des témoignages rendus en faveur d’Edme BROTHEY, curé de Monteluot, poursuivi à la requête des chirurgiens et barbiers d’Auxerre, pour raison des cures qu’il a faites ».

Et en effectuant patiemment la transcription des 37 pages de ce manuscrit, on peut reconstituer un épisode de la vie de ce curé, qui a précédé d’un siècle le curé COLLAS, autre personnalité marquante de notre village…Du même coup, nous ferons connaissance avec la langue française de l’époque (écriture et vocabulaire).

Les démêlés qui opposent médecins et guérisseurs ne sont pas nouveaux !

Mais , pour bien situer notre curé, il faut savoir qui étaient ces « chirurgiens et barbiers »…

Au Moyen-Age, le « corps médical » comprenait deux catégories de personnes : les médecins et les chirurgiens-barbiers.

La médecine a commencé à être enseignée en 1220 à Montpellier, en 1229 à Toulouse et en 1274 à Paris. Après 5 ou 6 ans d’études de philosophie et de sciences, vers 21 ans, on devenait « maître ès arts » et on avait accès à une faculté supérieure (droit, théologie, médecine…) . L’enseignement se faisait en latin et il fallait 10 à 20 ans pour obtenir un doctorat. Les médecins étaient considérés comme des intellectuels, des savants qui, puisant leur science dans les livres, ne pouvaient avoir une activité manuelle !…

Les barbiers ont joué un rôle important dès l’Antiquité ; ils sont représentés sur les papyrus égyptiens ; à Athènes les hommes rivalisent par la beauté de leur barbe…Dans le premier millénaire, seuls les moines et les prêtres savaient lire et écrire ; considérés comme des érudits, ils étaient appelés à soigner les malades. Or à cette époque, la majorité des maladies étaient fatales, aucune thérapeutique sérieuse n’existant. On ne savait qu’inciser les abcès et faire des saignées…Le clergé faisait donc appel aux barbiers, qui disposaient des outils nécessaires !

Au 12ème siècle, un concile interdit au clergé de retirer du sang humain : les barbiers prennent leur indépendance dans les activités de « chirurgie »…La profession de chirurgien-barbier apparaît ; elle n’est alors pas contestée par les médecins, qui font à leur tour appel à eux, car saigner un malade, comme tout autre geste manuel, eût constitué un acte déshonorant !

Leur champ d’activité s’élargit progressivement, bien au-delà de la coupe de cheveux, du rasage, des saignées et du perçage des abcès : blessures superficielles, luxations, fractures, hernies , traitement des dents, cautérisations, obstétrique …

Au milieu du 13ème siècle, Ils se constituent en corporation (guilde) pour accroître leur prestige et se dissocier des charlatans . Leur formation est assurée par plusieurs années d’apprentissage, et pour la chirurgie, au sein de collèges indépendants des facultés de médecine.

Et les barbiers qui opèrent à la Cour deviennent des personnages importants ; préposés en quelque sorte à la toilette du Roi, ils sont leurs confidents. Le bon roi saint Louis avait « son » barbier ; Olivier le Daim fut un vrai « compère » pour Louis XI ; un autre devint ministre du roi de Suède !

Au 16ème siècle, Ambroise Paré commença par couper les barbes, puis, engagé dans l’armée du maréchal de Rohan, il y effectua comme ses confrères des interventions chirurgicales . Très doué, il acquit une habileté extraordinaire et des connaisances très étendues en anatomie ; en 1545, il publia le premier traité de médecine, - sur « les plaies faites par les arquebuses »  -, …en français, car il n’avait pas appris le latin. Mais la Faculté continua à mépriser le travail manuel des chirurgiens –barbiers.

Il fallut attendre 1723 pour qu’une « Déclaration royale » consacre la séparation des 2 métiers de barbier et de chirurgien, exige de tous les « maîtres-chirurgiens » le grade de maître-ès-arts obtenu en Université, et interdise aux barbiers d’exercer la chirurgie ! Et en 1803 seulement, le chirurgien devient « docteur en médecine spécialisé en chirurgie »…

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